Je suis une fille normale, un peu favorisée, il faut bien le dire parce que j’ai des parents qui m’aident, une famille et des amis qui m’aiment. Et pourtant parfois je me sens à côté de ce monde, comme si je n’y étais pas adaptée, la pression de la société et des gens se fait de plus en plus ressentir. Alors qu'il y a quelques temps je n'en avais rien à faire, maintenant, ça me pèse de plus en plus d'avoir à me justifier d'être heureuse ou non.
Je suis une fille seule comme il y en a plein, je n’ai pas collectionné les mecs et alors? je ne suis pas lesbienne et n'ai pas envie d'être "vieille fille" pour autant.
Mes relations n’ont pas duré longtemps. J’ai déjà trompé et tellement culpabilisé que dès le lendemain, je brisais un coeur. J’ai été aussi celle qu’on laisse tomber ou qu’on prend pour une fille facile. Je ne retire aucune fierté quand j’arrive à mes fins, je suis une sentimentale et pas une croqueuse, j'y laisse toujours plus ou moins de plumes.
Je suis célibataire seulement parce que je n’ai pas trouvé celui avec qui l’amour, l’équilibre et les compromis ne seraient une corvée ni pour l’un ni pour l’autre.
Je n’ai pas non plus d’enfant malgré mes 32 ans.
Ma voiture m’a été donnée par mes parents il y a maintenant 6 ans, les 25m², dans lesquels je vis, leur appartiennent aussi depuis maintenant très longtemps. Indirectement, je vis à leurs crochets.
Après 1 an et demi de CDD, j’ai été boulée d’un poste que j’adorais, j’ai été au chômage près de 2 ans et je suis à nouveau en contrat (formation puis CDD ) depuis 3 ans et demi et ce, jusqu’en mai 2008, m’a—t-on-fait comprendre après m’avoir fait miroiter un CDI. Je ne gagne pas une fortune mais suffisamment pour payer mes factures, sortir un peu et avoir quelques projets à court terme dont les voyages.
Je ne mise pas sur l’avenir, aucune banque ne m'accordera de prêt et ce tant que ma situation ne se stabilisera pas. Je me fais plaisir quand je le peux même s'il faut parfois me serrer la ceinture pour cela.
Je ne regrette rien, je suis tombée pas mal de fois, j’ai souvent eu mal, je n’ai jamais rien reproché à personne, je suis en partie responsable de ce qu’il m’arrive quelque soit le domaine. Alors oui, il m’arrive parfois d’être triste, il m’arrive de regarder les autres et de voir qu’ils avancent plus vite que moi. Il m’arrive de ne plus écouter, ni entendre personne parce que j’ai bien du mal à me supporter sans en plus, avoir à supporter les autres. Il m’arrive d’être étouffée par leur bonheur flagrant. La plupart du temps, je ne m’écoute pas sinon je déprimerais.
Je suis moqueuse mais pas haineuse, il suffit de me connaître un peu pour le savoir. Je suis bien trop sensible pour supporter la connerie humaine et la facilité. Je n’ai jamais eu de chance et les rares fois où c’est arrivé, c’était pour tomber d’un peu plus haut quand elle me quittait.
Je suis hors du système et j’emmerde les bien pensants, ceux qui jugent et pensent que je devrais faire plus d’efforts pour améliorer mon quotidien ou pour entrer dans la norme. Personne ne vit ma vie, personne ne voit mes joies ou mes peines quand je rentre chez moi. Je ne suis pas handicapée parce que je recherche une vie épanouissante plutôt que de faire comme tout le monde. Je fais ce que je peux et avec mes moyens. Même s'il semble que ma route soit encore longue, j’en ai bavé pour en arriver là et je compte bien continuer.
Je veux me lever le matin pour faire un boulot que j’aime. Je me fous de gagner énormément et ce n'est pas un crime!!!
Je veux continuer à voir mes amis, à m’occuper des gens que j’aime, à bichonner ma famille, à m’entourer de personnes enrichissantes qui savent aussi donner et non pas seulement prendre.
Je veux un mec. Mais pas un pour dire que je suis casée parce que je n'en vois pas l'intérêt...
Je veux des enfants. Je sens la fibre maternelle pousser en moi lentement… mais je n’en veux qu’à condition de pouvoir leur donner tout l'amour nécessaire, l'amour d'un foyer.
Je veux pouvoir me retourner et me dire que ma vie n’a pas été plus facile ni plus pénible que celle de certains… Que l’essentiel est de se relever après chaque chute.
Il n'y a aucune amertume dans mes propos, je ne cherche pas à me plaindre ni rien de tout ça. Je ne suis pas aigrie ni jalouse, ma situation n'est ni plus enviable ni plus déplorable qu'une autre.
Je veux juste que l’on sache que malgré ces hauts, ces bas et un chemin qui sort parfois des sentiers battus, ma vie est ce qu’elle est…
J’ai appris et j'apprends à l’aimer telle quelle.